Mangez Moi

Le jour ou j’ai compris que les titres des livres étaient l’indication suprême pour moi.

Mangez Moi de Agnès Desarthe

Mon livre de chevet, ma Madeleine de Proust .

Ce livre me procure des frissons d’amour et de douceur.

Celui que je peux dévorer en une lecture et surtout ne jamais m’en lasser.

Je n’ai pas lu d’autre roman de Agnès Desarthe et je ne veux pas spécialement.

Peur que cela soit tellement différent de cette merveille. C’est peut être à double tranchant car il se peut qu’elle ait écrit d’autres pépites mais je ne souhaite pas tenter ma chance et laisser dans ma bouche un goût amer.

Non moi je reste avec Myriam, dans ce quartier de Paris et je m’engouffre avec elle dans son petit restaurant: Chez Moi.

Premier livre que j’ai lu et dont tous mes sens ont été suscités.Les descriptions précises développent tout votre odorat, votre touché et vous laisse un goût presque palpable sur votre langue.

Myriam pétrie et crée ses repas selon ses goûts mais clairement pour faire plaisir à ses clients. À chaque préparation j’ai la sensation que c’est ma chair que ses doigts touchent, pétrissent et malaxent.

Je l’aime car elle est cette héroine imparfaite. Cette personne qui se reconstruit de nouveau, malgrès son âge, malgrès ses fautes. Tout en elle me fascine et surtout me donne cette force. Même quand vous vous sentez au fond du fond vous pouvez remonter et changer le chemin, votre destin…

Les erreurs qu’elle a commise ne seront dévoilées que vers la fin et par bribes mais cela n’est pas pour moi le fil rouge de l’histoire. Non pour moi il me semble que c’est le partage de la transformation et de l’évolution de Myriam.

Un des passage qui me fait chavirer à chaque fois (attention spoiler):

– Qu’est-ce que je vous sers ? fais-je en espérant qu’il ne voudra rien de précis.

– Ce que vous avez de mieux, répond-il.

Je pense : moi, mangez-moi, mais je ne le dis pas car, de toute façon, ça revient au même. Je lui sert une part de tarte au chocolat, poire et poivre avec un verre de rosé frais. Je le regarde manger. Je pense qu’il n’a pas menti, finalement. Il mange chez moi. Sauf qu’il n’est pas l’heure du dîner. Il a donc menti. Je le regarde et je pense qu’il se nourrit de moi, car, pour ce premier gâteau, pour ce dessert inaugural, j’ai mis tout ce que j’avais. J’ai pétri avec douceur, j’ai fait fondre avec patience, j’ai tranché en receuillant le jus, si fin, si fin, incorporé à la pâte, avec le chocolat d’un noir massaï, ma pâte brune entre mes mains, que j’abaisse et reforme, abaisse et reforme, le poivre sur les poires, car je crois en cuisine comme ailleurs, aux mystérieux pouvoirs de l’allitération.

Je recommande ce livre, à tous ceux et celles qui ont l’impression d’être bloqué ou d’être dans une situation impossible dans leur vie ..

Ce livre m’a énormement inspiré.

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